Deux visages du populisme contemporain

ChatGPT m’a réalisé cette citation indirecte du livre « l’impossible contre-révolution culturelle » d’Olivier Roy, Seuil, sept. 2026:
L’exercice du pouvoir comme épreuve de la vérité, les 5 pages 258-262:

ChatGPT ecrit:

Deux visages du populisme contemporain

D’après Olivier Roy, « L’impossible contre-révolution culturelle », Seuil, septembre 2026, p. 258-262.

Olivier Roy distingue deux formes possibles de pouvoir populiste : d’un côté, un autoritarisme destructeur, de l’autre, un populisme hédoniste. Ces deux modèles peuvent se mélanger, mais ils reposent sur des rapports très différents à la société et à la population.

Le premier modèle cherche avant tout à détruire l’ordre institutionnel existant. Les administrations, les universités, la justice et les médias indépendants deviennent des obstacles qu’il faut affaiblir ou remplacer. Les postes sont progressivement confiés à des personnes loyales au pouvoir plutôt qu’à des fonctionnaires supposés indépendants.

Il ne s’agit pas simplement de privatiser l’État selon les principes du néolibéralisme. L’objectif est beaucoup plus ambitieux : établir une domination qui s’étend à tous les domaines de la société. Pour cela, l’alliance avec les grandes entreprises technologiques devient essentielle. Celles-ci possèdent les moyens de contrôler les finances, les échanges commerciaux, la sécurité, la circulation des connaissances et les communications.

La liberté individuelle semble pourtant préservée, puisque chacun peut avoir l’impression de choisir lui-même ses achats, ses informations et ses relations. Mais, derrière cette apparence de liberté, les infrastructures numériques concentrent toujours davantage de pouvoir.

Parallèlement, le clan dirigeant tend à s’approprier les richesses et les ressources du pays. Il devient l’intermédiaire incontournable des grandes transactions et des décisions économiques. Le pouvoir politique et le pouvoir financier finissent ainsi par se confondre.

Ce système ne fonctionne pas nécessairement comme une dictature fasciste classique. Il ne cherche pas forcément à encadrer idéologiquement chaque citoyen ni à l’intégrer dans un grand parti. Le contrôle peut être assuré directement par les technologies : surveillance numérique, reconnaissance faciale et collecte permanente de données.

La société elle-même se déplace progressivement vers le monde numérique. Les démarches administratives, les achats, les consultations médicales, l’enseignement et même les rencontres personnelles passent de plus en plus par Internet. Cette évolution est d’autant plus difficile à combattre qu’elle correspond aussi aux habitudes et aux attentes des jeunes générations.

Mais cette disparition progressive de la vie sociale réelle a un prix. Lorsque l’État abandonne ses relais traditionnels, les associations, les syndicats, les institutions locales et les personnes capables de jouer un rôle de médiation, il perd aussi les moyens de réguler les conflits. Il reste alors davantage de place pour la violence et pour son utilisation comme justification d’une surveillance toujours plus étendue.

Les élections risquent de devenir de simples cérémonies de confirmation du pouvoir, tandis que la liberté d’expression, la liberté de pensée, l’indépendance de la justice et celle des médias sont progressivement réduites.

Dans ce modèle, les références à la tradition chrétienne et à une conception traditionnelle de la famille peuvent servir à justifier des mesures autoritaires. Mais elles ne suffisent pas à reconstruire une véritable communauté humaine. Une religion qui ne dispose plus d’un enracinement social et territorial ne peut guère jouer le rôle d’encadrement collectif qu’elle a pu exercer autrefois.

Il existe même une contradiction profonde entre l’anthropologie catholique traditionnelle et la vision technologique du monde : l’une prétend défendre une certaine conception de l’être humain, tandis que l’autre tend à considérer la société comme un ensemble de données, de comportements et de possibilités de contrôle.

Le second modèle, celui du populisme hédoniste, fonctionne autrement. Ses dirigeants ne cherchent pas nécessairement à supprimer la démocratie, mais plutôt à en limiter la portée tout en conservant le soutien de leurs électeurs. Ils veulent leur offrir ce qu’ils attendent : la protection d’un mode de vie familier, la sécurité, une retraite confortable et la possibilité de profiter tranquillement des avantages qui leur restent.

Cette population vieillissante aspire moins à transformer le monde qu’à préserver ce qu’elle connaît. Elle accepte volontiers l’État lorsqu’il garantit son confort et sa sécurité, mais se méfie des changements qui pourraient perturber ses habitudes.

Le problème est que cette volonté de préserver le présent se fait souvent au détriment de l’avenir. Le réchauffement climatique est connu, mais les sacrifices nécessaires pour en limiter les conséquences sont repoussés. Les générations futures héritent ainsi des coûts d’un confort dont les générations actuelles ne veulent pas se priver.

La baisse de la natalité peut également être comprise dans cette perspective : face à un avenir incertain, on préfère ne pas prendre de nouveaux engagements. L’horizon se rétrécit et l’objectif devient simplement de maintenir les conditions de vie actuelles aussi longtemps que possible.

Olivier Roy décrit cette forme de gouvernement comme une sorte de fonction de soins et d’assistance à une population vieillissante. Il prend l’Italie de Giorgia Meloni comme exemple : plutôt qu’une dirigeante qui chercherait à entraîner son peuple dans un grand projet idéologique, elle serait davantage une sorte de soignante en chef d’une société qui souhaite avant tout être protégée et ne pas être dérangée.

Dans cette logique, les jeunes générations passent au second plan. On préserve les avantages des personnes âgées, même lorsque cela compromet les possibilités des plus jeunes.

La contradiction apparaît aussi dans la politique migratoire. L’économie a besoin de travailleurs étrangers pour faire fonctionner les restaurants, les hôpitaux, les services à domicile, les livraisons et une grande partie des activités quotidiennes. Pourtant, le pouvoir souhaite que ces travailleurs restent à l’écart de la communauté nationale, sans véritable intégration ni accès facilité à la citoyenneté.

On accepte donc leur travail, mais pas nécessairement leur présence comme membres à part entière de la société. Le modèle évoqué rappelle celui de certains États du Golfe, où une population relativement privilégiée vit grâce au travail d’un très grand nombre d’employés étrangers.

Le pays finit alors par ressembler à un musée de sa propre identité. Les symboles nationaux, les traditions et les références culturelles sont soigneusement mis en scène, mais ne correspondent plus forcément à une véritable vie collective.

Contrairement aux régimes fascistes classiques, qui exigeaient la participation active de la population à leurs organisations et à leurs manifestations, le populisme contemporain n’a pas besoin d’une adhésion aussi contraignante. Il lui suffit de flatter les habitudes et le conformisme de ses électeurs.

Ceux-ci ne veulent ni mobilisation permanente, ni service militaire, ni dépenses militaires excessives, ni guerre. Ils souhaitent surtout être débarrassés des petites contraintes de la vie quotidienne et pouvoir continuer à jouir de leurs privilèges.

Mais ce repli sur soi rend finalement le pays vulnérable dans un monde où les rapports de force internationaux demeurent bien réels. Les petites nations populistes ont alors besoin d’un protecteur plus puissant, capable de leur éviter d’avoir à assumer elles-mêmes les risques et les responsabilités d’une politique internationale indépendante.

Olivier Roy termine sur cette alternative quelque peu inquiétante : pour ces dirigeants européens, le protecteur pourrait être Donald Trump ou Vladimir Poutine. Deux figures très différentes en apparence, mais qui peuvent finalement représenter, dans cette logique de dépendance, des solutions assez semblables.

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Remarque finale de ChatGPT – Une petite remarque concernant la publication:
J’ai volontairement conservé quelques formulations fortes, notamment l’idée du pays transformé en musée et celle de la société devenue une sorte d’établissement pour personnes âgées. Ce sont des images qui rendent la pensée de Roy particulièrement accessible … /
/ … À mon avis, ce texte a aussi l’avantage de laisser au lecteur la possibilité de réfléchir à une question importante: une société peut-elle encore être démocratique lorsqu’elle renonce progressivement à construire son avenir pour ne préserver que le confort de son présent?

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Heidi écrit:
Voici ma réflexion à ce sujet: une société peut-elle se prémunir contre son propre déclin si elle ne recherche que la facilité? Dans ma jeunesse, on disait que la vie exigeait toujours des efforts de notre part; faute de quoi, on finit par « dépérir ». On citait l’exemple des descendants de familles riches qui, à la troisième génération, commençaient à dilapider leur héritage, entraînant la disparition du clan de son rang originel. Il semble que cela vaille aussi pour des peuples entiers.
Et nous nous choisissons des dirigeants qui, loin de nous en préserver, accompagnent la chute de notre civilisation.
Question annexe: pourquoi, sinon, les Suisses rejoindraient-ils une Union européenne en pleine désagrégation?

.Autumn trees reflected in a puddle under a cloudy sky.

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